Faire l'inventaire honnête de la pile
Commencez par la liste complète : chaque abonnement, son prix par poste, le nombre de postes payés, et surtout l'usage réel, qui l'ouvre encore, pour quoi faire. L'inventaire réserve toujours des surprises : outils en double, sièges payés pour des salariés partis, modules jamais activés.
Notez ensuite les ressaisies : chaque fois qu'une donnée saisie dans un outil est recopiée dans un autre, comptez les minutes et multipliez par la semaine. Ce temps de friction est le vrai coût de la pile, et il n'apparaît sur aucune facture.
Cet inventaire honnête est le premier exercice de nos diagnostics. Il prend environ une heure, et c'est souvent l'heure la plus rentable du trimestre. Faites-le à deux, un dirigeant et une personne qui utilise les outils au quotidien, pour confronter ce qui est payé à ce qui est réellement utilisé.
Ce qui mérite d'être remplacé
Candidats au remplacement : les abonnements payés au poste pour une seule fonction réellement utilisée. Vingt sièges facturés pour un module de relance, c'est un outil sur mesure qui s'ignore, vous le payez déjà, sans en être propriétaire.
Candidats aussi : les outils qui imposent des ressaisies en chaîne, et les grappes de trois ou quatre abonnements qui couvrent ensemble un seul processus : un formulaire ici, un tableur là, un outil de signature ailleurs. Un outil unique, construit autour du processus, remplace la grappe.
Enfin, les outils qui contraignent votre méthode : si votre façon de travailler est un avantage, c'est à l'outil de s'y plier. Un abonnement qui vous impose son processus vous coûte 2 fois : le prix du siège, et l'avantage concurrentiel que vous n'exploitez plus.
Ce qu'il faut garder
Gardez sans hésiter les outils du marché excellents et banalisés : messagerie, bureautique, comptabilité, paie, signature électronique, visioconférence. Ces fonctions sont les mêmes pour tout le monde ; leurs éditeurs y investissent des moyens qu'aucun développement interne ne justifie de reproduire.
La règle est simple : le marché pour ce qui est standard, le sur mesure pour ce qui vous distingue. Reconstruire une comptabilité est une erreur ; garder trois outils qui massacrent votre processus de production en est une autre.
Gardez aussi, au centre, les outils qui fonctionnent bien : le sur mesure peut se construire aux bords et s'y connecter, sans migration imposée. C'est la voie hybride : la donnée circule entre le marché et le sur mesure, et chaque monde fait ce qu'il fait le mieux.
Dans quel ordre procéder
Jamais tout d'un coup. Remplacez un processus à la fois, en commençant par celui qui cumule la friction la plus chère et l'enjeu le plus différenciant, souvent le cœur de production ou le suivi commercial.
Chaque remplacement suit le même déroulé : un premier jalon volontairement court pour valider l'usage réel, une reprise des données vérifiée avec l'équipe, une période de double fonctionnement, puis la résiliation de l'ancien abonnement. Un Sprint à partir de 6 000 € HT couvre un premier module.
La résiliation vient en dernier : on n'éteint un outil que lorsque son remplaçant a fait ses preuves en conditions réelles. Inscrivez les échéances de renouvellement au calendrier du projet : une résiliation manquée de quelques jours peut coûter une année d'abonnement.
Le calcul sur 5 ans
Posez les deux courbes sur 5 ans. D'un côté, la somme des abonnements remplacés : prix par poste, multiplié par les sièges et par 60 mois, plus les hausses de tarif et les modules ajoutés en route. De l'autre, la construction, puis le fonctionnement, la maintenance Care à partir de 250 € HT par mois.
Ajoutez au scénario abonnements le temps de ressaisie chiffré lors de l'inventaire : c'est souvent lui qui fait basculer le calcul. Le point de croisement apparaît presque toujours avant la cinquième année.
Notre calculateur public fait ce calcul avec vos chiffres : vous modifiez les hypothèses, vous voyez le point de croisement, et le résultat s'affiche immédiatement, sans email demandé. Une session suffit pour tester trois scénarios, remplacer peu, remplacer beaucoup, ne rien changer, et voir ce que chacun coûte sur la durée.
